Desguin Kwartet — Claude Debussy

Début décembre, nous invitons le quatuor Desguin à venir interpréter au Studio 4 de Flagey le deuxième mouvement du célèbre Quatuor à cordes en sol mineur de Debussy.

supernova 2021 — update

Pas de nouvelle compétition Supernova en 2020/2021.  

le coronavirus ? un nouveau départ pour notre société

Le concours Supernova, destiné aux jeunes ensembles de musique de chambre belges, a été remporté en février de l’année passée par le Trio Aries (Alice Van Leuven, Paul Heyman, Wouter Valvekens) et le Quatuor Desguin (Wolfram Van Mechelen, Ludovic Bataillie, Rhea Vanhellemont, Pieter-Jan De Smet). Le concert des lauréats était prévu le dernier jour du Klarafestival 2020, mais a été annulé en raison des mesures sanitaires. À l’occasion du Klarafestival 2021, nous invitons les deux ensembles à un entretien en ligne.

Comment avez-vous vécu la fin du mois de mars 2020 ?

Quatuor Desguin : Ce fut une période particulièrement choquante... Nous étions en répétition lorsque la première annulation a été annoncée. Le téléphone n’arrêtait pas de sonner : des mois de travail étaient tout à coup réduits à néant. Aujourd’hui, on tient systématiquement compte du fait que les concerts peuvent être annulés, cela fait partie du calcul, mais à ce moment-là, les annulations étaient une expérience totalement nouvelle. Une expérience qui nous a tous beaucoup affectés.


Trio Aries :  Le plus difficile était l’incertitude permanente. Aucun de nous ne savait combien de temps cela allait durer. Quelques semaines ? Quelques mois ? Près d’un an s’est écoulé depuis… Assez tôt cependant, nous avons eu le sentiment que le secteur culturel devrait s’adapter à cette nouvelle situation. Que nous devrions trouver des alternatives, de nouvelles façon de faire des concerts.

 

La période du confinement a-t-elle également eu des côtés positifs ?

Trio Aries : Tout à fait. On peut considérer que le coronavirus a offert un nouveau départ à notre société. Ainsi qu’à l’être humain en tant qu’artiste. La course effrénée dans laquelle nous nous trouvions tous s’est arrêtée. Nous avions tout à coup du temps pour revenir à l’essentiel sans devoir penser à une quelconque deadline. Étudier, se concentrer sur le répertoire que l’on aime jouer, faire de la musique pour soi.

 

Desguin Kwartet : Pour le quatuor également, ce fut une période de ressourcement : une occasion d’examiner en profondeur le répertoire pour quatuor à cordes. C’est à partir de cette approche que les programmes finaux de la saison prochaine ont pris forme. Nous avons également eu le temps de nous perfectionner individuellement et de développer notre prochain grand projet interdisciplinaire.

Pour le quatuor également, ce fut une période de ressourcement : une occasion d’examiner en profondeur le répertoire pour quatuor à cordes.
Desguin Kwartet

Pendant l’été, les concerts live ont à nouveau été autorisés…

Desguin Kwartet : En effet. Nous avons donné notre premier concert au début juillet à la Zomerfabriek d’Anvers. Ce fut un moment très agréable : nous avions enfin la possibilité de rejouer devant un public ! Quelques semaines plus tard, nous avons également joué au festival Klassiek Leeft Jong à Knokke-Heist. Liebrecht Vanbeckevoort, qui nous avait découverts lors de la demi-finale de Supernova à la salle Beeldenstorm à Anderlecht, nous y avait invités. Un premier retour du concours Supernova !


Trio Aries : Ce qui est particulier lors de ces concerts, c’est le nouvel état d’esprit – le nôtre comme celui du public. Chacun est extrêmement conscient du fait que le concert auquel il ou elle participe est peut-être le dernier avant plusieurs mois. Cette disposition nous invite à vivre le moment présent. L’année passée, nous avions encore des réflexions du type : « l’an prochain nous jouerons ici, l’année d’après là ». Maintenant, nous pensons plutôt : « Si on a de la chance, on aura encore un concert la semaine prochaine. » Dans une situation exceptionnelle aussi incertaine, l’appréciation et l’implication pour un seul concert n’en sont que plus grandes.


Lors du concours Supernova, le Quatuor Desguin a été remarqué pour l’originalité de ses choix de répertoire et le grand intérêt de ses morceaux hybrides. Qu’est-ce qui motive votre démarche ?

Desguin Kwartet : En tant que quatuor à cordes, nous ne nous intéressons pas uniquement à Mozart et Beethoven, mais également aux compositeurs moins évidents du 20e siècle. Cependant, ce genre musique est souvent difficile à appréhender pour les auditeurs. Une solution envisageable est de combiner ces pièces avec un répertoire plus léger, mais nous préférons miser sur l’interdisciplinarité. En intégrant une œuvre de Hindemith dans un récit, et en créant ainsi le contexte approprié, on rend le morceau un peu plus accessible. C’est ce que nous avons fait, par exemple pour notre spectacle « In Flanders Field », une collaboration avec le pianiste Florestan Bataillie, le baryton Werner Van Mechelen et l’acteur Stefan Degand. Dans les spectacles « Verlaine » et « Le secret de Tchaïkovsky », nous poursuivons sur cette voie.

 

Les membres du Trio Aries ont étudié aux conservatoires de Berlin (Alice Van Leuven), Zurich (Paul Heyman) et Londres (Wouter Valvekens). Qu’en est-il de cet aspect international en période de pandémie ?

Trio Aries : Nous avons terminé nos études au bon moment – juste avant le coronavirus. D’un côté, il est vraiment dommage qu’il soit devenu pratiquement impossible de voyager, et que la presque totalité des projets à l’étranger soit tombée à l’eau. Nous devrons « réactiver » nos contacts ultérieurement. D’un autre côté, nous sommes extrêmement reconnaissants des opportunités qu’offre un pays comme la Belgique aux jeunes musiciens. Ces derniers temps, les lieux culturels belges ont développé de nombreuses initiatives très intéressantes.

 

Une spécialité du Quatuor Desguin est la redécouverte de compositeurs belges. En quoi ces compositeurs sont-ils si intéressants pour vous ?

Desguin Kwartet : Les œuvres des compositeurs belges sont toujours une découverte incroyable, tant pour le public que pour nous-mêmes. Comme il n’existe peu ou pas d’enregistrements des partitions que nous redécouvrons, nous devons chaque fois identifier le langage musical du compositeur en question. Si l’on exécute à la lettre ce que Peter Benoit a écrit, on obtient une caricature de sa musique. Arriver à comprendre l’intention d’un compositeur à travers ses indications est un processus tout à fait passionnant. Rien à voir avec l’interprétation d’une œuvre de Beethoven, dont le long historique et les attentes bien précises du public déterminent d’avance une grande partie des choix. La redécouverte d'œuvres inconnues offre une grande liberté.

Nous sommes extrêmement reconnaissants des opportunités qu’offre un pays comme la Belgique aux jeunes musiciens. Ces derniers temps, les lieux culturels belges ont développé de nombreuses initiatives très intéressantes.
Trio Aries

Quelles sont les œuvres sur lesquelles le Trio Aries a concentré son travail récemment ?

Trio Aries : Nous avons longuement travaillé le Trio pour piano n° 2 de Schubert, une pièce d’une incroyable beauté aux dimensions symphoniques. Par ailleurs, nous avons également étudié la Nuit transfigurée de Schönberg dans un arrangement pour trio avec piano d’Eduard Steuermann. Nous devions interpréter cette œuvre pour la première fois au début avril, mais le concert a été annulé. Nous avons néanmoins pu présenter la première récemment, et allons bientôt réaliser une captation.


Quelle est votre position par rapport aux concerts en streaming ?

Desguin Kwartet : Ce qu’il y a de plus beau dans un concert, c’est l’interaction avec le public. Un musicien ne fait pas que donner, il reçoit aussi énormément en retour. Cette dimension est entièrement perdue dans les concerts en streaming. De par la présence d’un intermédiaire – l’ingénieur du son – on ne maîtrise pas non plus totalement la qualité de ce que l’on présente. Ceci dit, nous sommes très heureux qu’il y ait autant de concerts en streaming et que nous ayons encore des perspectives de travail.


Trio Aries : Le streaming a également ses aspects positifs. C’est comme un acte de révolte. On n’abandonne pas tout, on continue à apporter la culture jusque dans votre salon. Le streaming ne rapporte vraiment pas grand-chose, mais l’implication de nombreux acteurs culturels permet d’obtenir d’excellents résultats. De plus, grâce au streaming, nous gardons tant bien que mal le contact avec notre public. Cela nous donne envie de persévérer.

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